Les événements

26 mai 2021
Chroniques de La Muse #13

L’art a sa place dans la ville. L’art est toujours accessible. L’art sait se faire sa place, même lorsque sa liberté est bafouée. La rue est un lieu d’expression, intemporel et universel. Voilà de quoi répondre à grand nombre de problématiques actuelles. Bien sûr ça ne résout pas tout d’admettre cela. Chaque propos, chaque intention, chaque démarche artistique est pensée notamment pour un lieu (théâtre, musée, chapiteau, arène, place, jardin…) et ainsi chaque propos, chaque intention et chaque démarche artistique ne trouvera pas sa place dans l’espace public. Mais l'art de rue est et restera accueillant et témoin des transformations des pratiques artistiques, quoi qu’il en soit!

 

 

GRAND HÔTEL BARBÈS

Réalisation de Ramzi Ben Sliman, 3e Scène - 2019 - 12 minutes
La production 3e scène de l’Opéra de Paris invite des artistes à créer des œuvres audiovisuelles originales avec un regard insolite sur l’univers de la musique, de la danse, de l’opéra. Le réalisateur Ramzi Ben Sliman s’approprie la ligne éditoriale de la production en mélangeant la culture des danses urbaines (breakdance, battles et foule de jeunes en liesse) avec la poésie et la grâce de la danse classique. Le mariage est efficace. Immergés dans la culture urbaine du nord parisien, nous glissons naturellement vers les variations classiques grâce au charisme et à l’aisance de l’interprète principal, Lorenzo Da Silva Dasse, qui est «passé chez Béjart». La musique de Mozart qui l'accompagne puise sa force dans le décor de la rue et finit de créer l'émotion.
Nous vous avions déjà montré le court métrage Les Indes Galantes de Clément Cogitore co-produit également par 3e scène et qui témoignait de ces intentions de mixité des disciplines entre arts de rue et opéra. De ce court-métrage extrait du ballet de Jean-Philippe Rameau, il en fera une mise en scène intégrale avec la chorégraphe Bintou Dembélé pour l'Opéra Bastille en 2019.
Ces courts métrages ont contribué à l’apparition de la mise en scène très contemporaine intégrant les danses urbaines au sein des opéras, et bouscoulant la tradition dite du ” ballet blanc ”.

 

THE RISE OF GRAFFITI WRITING

 Réalisation de René Kästner, Co-écrit avec Lars Pedersen, Production Red Tower Films  - 2017 - 8 minutes
Une série documentaire qui retrace l'histoire du graffiti, de son émergence dans une Amérique des années 70 en crise jusqu'au vieux continent et à nos jours. Dans ce premier épisode vous remonterez aux origines de cette nouvelle subculture qui deviendra par la suite une culture à part entière et même un art qui s'exposera dans les musées. Vous redécouvrirez New York et le Bronx d'il y a 50 ans alors que les Etats-Unis plongent à pleine vitesse dans la société de consommation emplie de loisirs et vibrant au son des guitares électriques, et que les minorités s’affirment, affichant en lettres capitales leurs revendications sociales : mouvement des droits civiques, révolution sexuelle, libération de la femme, slogans pacifistes et politiques... Le graffiti writing viendra contribuer et apporter sa pierre à cette révolution qui franchissant rapidement l’Atlantique, viendra se répandre et contaminer l'Europe, Amsterdam, Paris, Londres et Munich, dans les années 80.
Une série historique qui nous montrent des chemins de création et nous renvoient à l'origine et la construction de nos civilisations et de nos cultures.

https://www.arte.tv/fr/videos/072993-007-A/the-rise-of-graffiti-writing-from-new-york-to-europe-1-10/

 

BEAUTY BOYS

Réalisation de Florent Gouëlou, Yukunkun Productions - 2019 - 17 minutes
« Beauty Boys emporte le spectateur par son énergie, son audace et la rage de ses guerrilleras, en lutte contre une société construite sur le rejet de la différence. Un film flamboyant et réjouissant ! » 
Sur une place, une scène est montée pour une fête de village. À cette occasion, chacun est libre de présenter un numéro. Léo et ses amis aiment se maquiller et veulent proposer une performance de drag-queen, se confronter à l’espace public pour se dévoiler. La scène de spectacle comme scène de société. "Le monde entier est une scène" disait Shakespeare. Scène où chacun joue, se montre ou s’efface au rythme de l’histoire, au rythme de la vie. Pour ce premier numéro de drag-queens, quoi de mieux pour cette bande que de s'emparer de l'espace public, quoi de plus efficace pour s’émanciper, quoi de plus dangereux aussi de s’imposer au regard de tous qui peut être tantôt bienveillant, tantôt sidéré et violent. 
 
 
A bientôt !
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